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Colères et entêtement à 18-24 mois : comment réagir ?
Comprendre les crises de colère et l’entêtement chez les tout-petits pour y répondre avec calme et bienveillance.
Neşe Aslan
Développement de l'Enfant
Reconnaître les signes avant-coureurs
Entre 18 et 24 mois, l’enfant explore activement son environnement et affirme ses préférences. Ces découvertes s’accompagnent souvent de frustrations : un jouet qui ne fonctionne pas, un vêtement qui gratte, ou simplement l’impossibilité de faire ce qu’il veut, quand il le veut. Selon [CléPsy AP-HP], ces situations déclenchent des réactions émotionnelles intenses, car le tout-petit n’a pas encore les outils pour les gérer seul.
Les crises de colère à cet âge ne sont pas des caprices, mais l’expression d’un besoin non comblé ou d’une difficulté à s’adapter.
Les signes avant-coureurs sont souvent subtils : l’enfant se raidit, retient sa respiration, ou commence à crier. Repérer ces indices permet d’intervenir avant que la crise ne s’installe. Par exemple, si votre enfant s’agite en jouant, proposez une pause ou un changement d’activité pour éviter l’escalade.
Selon [MPedia], les enfants de cet âge ont besoin de routines prévisibles pour se sentir en sécurité. Une modification imprévue de leur journée peut suffire à déclencher une crise.
Limiter les choix pour éviter les conflits
Proposer deux options simples (par exemple : « Tu veux mettre le pull rouge ou le bleu ? ») donne à l’enfant un sentiment de contrôle, tout en cadrant ses choix. Cette méthode, recommandée par [CDC], réduit les occasions de confrontation. Évitez les questions ouvertes (« Qu’est-ce que tu veux faire ? »), qui peuvent submerger un enfant de 18 mois.
| Situation | À éviter | À privilégier |
|---|---|---|
| Habillage | « Mets ton manteau ! » | « On met le manteau bleu ou le rouge ? » |
| Jeu | « Range tes cubes ! » | « On range les cubes rouges ou les bleus ? » |
| Repas | « Mange tes légumes ! » | « Tu préfères les carottes ou les petits pois ? » |
L’objectif n’est pas de satisfaire tous ses désirs, mais de lui offrir un cadre rassurant. Si l’enfant refuse les deux options, restez calme et répétez votre proposition une fois, sans insister davantage. Une limite claire, exprimée avec bienveillance, est plus efficace qu’une négociation sans fin.
Deux choix sûrs, une limite stable
Deux options acceptables réduisent la charge de décision sans transformer la limite en négociation.

Réguler les émotions ensemble
Face à une crise, l’enfant a besoin de sentir que ses émotions sont comprises, même si son comportement n’est pas acceptable. Utilisez des mots simples pour décrire ce qu’il ressent : « Je vois que tu es en colère parce que le jouet ne marche pas. » Cette technique, inspirée des recommandations de [NHS], aide l’enfant à mettre des mots sur ses émotions.
- Ne pas : Crier ou menacer (« Arrête tout de suite, sinon… »).
- À la place : S’accroupir à sa hauteur et dire : « Je suis là. On va respirer ensemble. »
Si l’enfant frappe ou mord, intervenez immédiatement pour protéger les autres ou lui-même, sans jugement. Dites : « On ne tape pas, c’est interdit. » Puis proposez une alternative, comme serrer un doudou ou taper dans un coussin. Selon [CléPsy AP-HP], cette approche montre que ses émotions sont valables, mais que certains comportements ne le sont pas.
Repère développemental
La crise peut être la manière du tout-petit de dire qu’il a besoin d’aide avec ses grandes émotions.
Anticiper les facteurs de stress
La fatigue, la faim ou un environnement trop stimulant aggravent les réactions émotionnelles. Selon [MPedia], un enfant épuisé ou affamé a moins de ressources pour gérer ses frustrations. Planifiez les sorties ou les activités en tenant compte de ses besoins physiologiques : évitez les courses en fin de journée ou après une longue sieste.
Voici quelques signes à surveiller :
- Bâillements fréquents ou frottements des yeux (fatigue).
- Irritabilité avant les repas (faim).
- Difficulté à se concentrer ou à suivre une consigne simple (surcharge sensorielle).
Si ces signes apparaissent, proposez une pause ou un en-cas pour éviter la crise. Un enfant reposé et rassasié est plus à même de coopérer.
Réguler, relier, puis raisonner
Quand l’émotion déborde, la sécurité et la co-régulation précèdent l’explication.
-
Réguler
Ralentir sa voix, sécuriser l’espace et nommer simplement l’émotion.
-
Relier
Rester proche et proposer du réconfort sans supprimer la limite nécessaire.
-
Tenir la limite
Dire brièvement: ‘Tu peux être en colère; je ne te laisserai pas frapper.’
-
Apprendre après
Une fois le calme revenu, préparer deux choix pour la prochaine transition.
Après la crise : reconstruire le lien
Une fois la tempête passée, l’enfant a besoin de retrouver un sentiment de sécurité. Évitez les reproches ou les longues explications. Un câlin, un mot doux ou une activité calme suffisent à rétablir le lien. Selon [NHS], cette phase de reconnexion est essentielle pour que l’enfant comprenne qu’il est aimé, malgré les tensions.
- À faire : Dire « Je t’aime » ou « On va lire une histoire ensemble. »
- À éviter : « Tu vois, tu as fait une crise pour rien. »
Prenez quelques minutes pour noter ce qui a déclenché la crise, l’heure et la durée. Cette observation, même sommaire, aide à identifier des schémas récurrents et à adapter vos réponses. Un carnet ou une application dédiée peut être utile pour suivre ces épisodes.
Quand consulter un professionnel ?
La plupart des crises de colère à cet âge sont normales, mais certaines situations nécessitent un avis spécialisé. Consultez un pédiatre ou un professionnel de la petite enfance si :
- Les crises durent plus de 10 minutes ou surviennent plus de 5 fois par jour.
- L’enfant se blesse (se cogner la tête, se mordre) ou blesse les autres de manière répétée.
- Il refuse systématiquement tout contact ou semble indifférent à votre présence après la crise.
Selon [CléPsy AP-HP], ces signes peuvent indiquer un besoin de soutien supplémentaire, comme un accompagnement parental ou une évaluation du développement. N’hésitez pas à en parler lors de votre prochain rendez-vous médical.
En résumé : les clés pour traverser cette phase
Les crises de colère et l’entêtement à 18-24 mois sont des étapes normales du développement. Elles reflètent un besoin d’autonomie et une difficulté à gérer des émotions complexes. En répondant avec calme, des limites claires et une présence rassurante, vous aidez votre enfant à traverser cette phase tout en renforçant votre relation.
Pour aller plus loin, explorez nos conseils sur l’accompagnement des émotions intenses ou découvrez des astuces pour les routines du coucher.
"Avis de santé : Ce contenu est fourni à des fins d'information générale uniquement et ne remplace pas un avis médical personnel, un diagnostic ou un traitement. Consultez toujours un professionnel de la santé qualifié pour toute question concernant votre santé ou celle de votre enfant."
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Résumé rapide
- Les crises de colère à cet âge sont normales et reflètent un besoin d’autonomie.
- Répondre avec des limites claires et des choix limités évite les escalades.
- La régulation émotionnelle passe par des mots simples et une présence rassurante.
- Repérer les signes de fatigue ou de faim permet d’anticiper les tensions.
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Note d'expert
Les conseils proposés s’appuient sur des recommandations générales. En cas de doute sur le développement de l’enfant ou de comportements préoccupants, consultez un professionnel de santé.
Neşe Aslan
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